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La défense du papier est en marche !
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« Le papier est mort ? », s’interroge-t-on dans les allées d’Intergraphic. « Vive le papier », répondent à l’unisson les dix participants à la conférence qui s’est déroulée hier à 11 heures en salle Passy. Tous ont salué l’initiative qui a donné naissance à l’association Culture papier la semaine dernière. « C’est l’outil dont la profession avait besoin », affirme Rémy Carteret, directeur de la production de The Shop. « C’est d’autant plus nécessaire que les agences et leurs clients utiliseront le papier au même titre que les autres supports médias », précise Pierre Siquier, président de Ligaris, vice-président de la Fondation Nicolas Hulot, et président de la commission Développement durable de l’Association des agences-conseils en communication (AACC). Boris Patentreger, chargé de programme conversion forestière et papier au sein de l’organisation non gouvernementale WWF, s’est fendu d’une remarque qui a retenu toute l’attention des 75 personnes assistant à cette conférence : « Les ONG ne sont pas contre le papier ! S’il faut rappeler que sa fabrication nécessite de l’eau et produit des gaz à effet de serre, seuls 10 à 15 % de la consommation papetière française proviennent d’une origine douteuse. » Cette origine douteuse explique l’une des idées reçues les plus enracinées dans l’opinion publique, celle de la déforestation dont la production papetière serait en partie à l’origine. La force de cette illusion démontre la nécessité absolue de communiquer auprès des trois cibles identifiées comme prioritaires par Culture papier : les enseignents et les étudiants, les parlemantaires, les leaders d’opinion.
Si le faire-savoir est en marche depuis peu, l’ensemble des acteurs présents hier sont déjà passés à l’action et ont mis en place de bonnes pratiques. Nous avons appris par l’intermédiaire de Jacques Claude, président de Gutenberg Networks, qu’il travaille sur un éco-calculateur des différents supports médias afin d’informer et aiguiller ses clients au mieux : « Il ne faut toutefois pas oublier que l’argument économique reste l’un des plus importants ! » Cette démarche n’est pas isolée puisque Pierre Siquier rappelle l’arrivée imminente d’un éco-comparateur issu du travail collaboratif entre l’AACC et d’autres organismes : « Nous souhaitons que ce module soit prêt pour fin février. Il passera par une phase de test avant que nous le rendions accessible au plus grand nombre vers le mois de juin. » Sophie-Noëlle Némo, DGA stratégie et développement responsable de Médiapost, explique de son côté ce que son entreprise a mis en place pour valoriser le média papier : « Nous menons six grandes actions parmi lesquelles l’éco-conception, l’incitation au recyclage et la responsabilisation sociale vis-à-vis de nos salariés ».
Autre personne présente, Pascal Lenoir, président de la Compagnie des chefs de fabrication de l’imprimerie (CCFI) et directeur de fabrication aux éditions Magnard Vuibert, s’avance sur les trois problèmes à prendre en compte pour défendre efficacement le média papier : la matière première, le process de production, son utilisation. « Il faut agir sur ces trois leviers et particulièrement sur le taux de gâche dont on peut estimer qu’il s’élève, tous secteurs confondus, à 50 %. » Pour y parvenir, Frédéric Petit, secrétaire général du FSC France et directeur développement durable de l’agence Icom, rappelle qu’il faut « mesurer avant tout chose. Car sinon, nous n’aurons pas de visibilité sur ce qu’il faut améliorer ». Pour Christophe Delabre, directeur associé de l’imprimerie Point 44, cette mesure est déjà en cours : « Nous sommes engagés dans un programme de certifications qui positionne l’imprimerie par rapport à la question environnementale. » Cette question de la protection est revenue sans cesse dans les débats et s’impose comme l’un des grands enjeux de la défense du papier dans les années à venir. Car comme le rappelle Jérôme Koenig, secrétaire général de l’Association française des distributeurs de papier et d’emballage (AFDPE), « le support papier est l’un des seuls, si ce n’est le seul matériau à être à la fois naturel, biodégradable et recyclable jusqu’à six fois. »