Culture Papier change de ton

Le 21 novembre 2016 par Bakhta Jomni
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Alain Kouck, président de Culture Papier. Alain Kouck, président de Culture Papier.

L’association pour le développement durable du papier et de l’imprimé organisait mardi 15 novembre un colloque.

C’était mieux avant. Voilà en quelques mots ce qui ressortait généralement des colloques de Culture Papier. Des intervenants vantant les mérites du papier et regrettant le déploiement intempestif du numérique. Avec la présidence d’Alain Kouck, l’association pour le développement durable du papier et de l’imprimé semble avoir légèrement modifié son approche, oeuvrant pour une complémentarité entre papier et numérique en toute sérénité.

Une transition vitale

Pour introduire la matinée, Culture Papier avait convié Laurence Engel, présidente de la Bibliothèque Nationale de France (BNF), à présenter son travail et la place du papier et du numérique dans son établissement. « On constate une présence encore très forte du papier, dans les collections, dans les pratiques éditoriales. La BNF est d’abord une bibliothèque patrimoniale », note sa présidente. Dans son observatoire du dépôt légal, l’institution compte 80 000 ouvrages en 2015, un peu moins qu’en 2014 mais deux fois plus qu’il y a 20 ans. « La BNF n’est pas indifférente au numérique, cela est au cœur de sa stratégie. Je suis persuadée que si le tournant numérique n’avait pas été pris, ses collections ne seraient pas autant consultées », constate Laurence Engel. « Ce choix de la transition vers le numérique est vital et au cœur du développement de la bibliothèque et de son avenir. Tous les acteurs confrontés au numérique doivent le prendre en charge avant d’être dépassés », conseille-t-elle. « Aujourd’hui, la bataille est moins celle de la numérisation que celle du référencement qui permet de rendre visibles et accessibles ses contenus en travaillant sur les notions de corpus, d’éditorialisation. Il faut que nous soyons le plus en avance possible sur les politiques de signalisation, les métadonnées, la reconnaissance d’images ou vocales », décrit-elle. Alain Kouck a conclu son intervention en mettant en garde ceux qui ne relèveront pas le défi du numérique, « ils se feront avaler ».

Une spécificité française

Deux tables rondes ont ensuite abordé différents domaines où papier et numérique se côtoient. Coralie Piton, directrice de la stratégie et du livre à la Fnac y a fait le point notamment sur la place des liseuses en France, dont le potentiel semble limité par rapport au Royaume-Uni. « Nous nous sommes attachés à comprendre pourquoi et avons étudié un ensemble d’indicateurs dans différents pays d’Europe et aux Etats-Unis. Cela tient principalement à la densité du réseau de librairies physiques. En France, nous avons un plus grand nombre de libraires par habitant, ce qui a limité le développement du e-commerce, ce qui conduit aussi à la limitation du e-book », détaille Coralie Piton. L’ebook séduit plus particulièrement, selon elle, les lecteurs de romances (les liseuses sont plus discrètes) et de polars.  « Ces liseuses permettent d’aller chercher la praticité et l’effet prix mais on voit bien que c’est le livre papier qui génère le plus d’achats diversifiés et d’impulsion », remarque-t-elle.  « Je pense que le meilleur moyen de faire fructifier livre et numérique est de défendre les canaux de distribution du livre classique et de proposer une alternative à Amazon », conseille-t-elle.

Une cohabitation nécessaire

Francis Morel, PDG du groupe Les Echos-le Parisien ne croît pas en la mort du papier, assassiné par le numérique. « Ce qui assure nos développements, c’est la cohabitation des deux », assure-t-il. « Il y a un cercle vertueux à utiliser les deux. On constate en effet que ceux qui ont supprimé le papier pour ne garder que le web ont disparu dans l’année », regrette-t-il, estimant que l’habitude donnée de l’information gratuite sur le web était une erreur à réparer.
Jacques Claude, président de l’agence de communication et de publicité Gutenberg Networks a redonné quelques chiffres prouvant le caractère infondé de la mort annoncée du papier. Il pointe un passage de 860 catalogues nationaux en 2011 en France contre 1082 en 2015. La pagination est en légère hausse ainsi que les volumes globaux. Enfin 58% des clients en ligne préparent leurs achats avec le catalogue et 31 % d’entre eux l’ont avec eux lors de l’acte d’achat.

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