Information et communication : réflexion autour des écrits d’écran

Le 18 mai 2015 par Rodolphe Pailliez
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Réfléchir au écrits d'écran, depuis le Minitel jusqu'aux écrans mobiles d'aujourd'hui. Réfléchir au écrits d'écran, depuis le Minitel jusqu'aux écrans mobiles d'aujourd'hui.

Une journée d'étude sur le thème des écrits d'écran s'est tenue le 13 mai à l'Institut des sciences de la communication (ISCC / CNRS) à Paris, à l'initiative du Collectif de recherche sur les écrits d'écran (CREE) développé dans le cadre du Celsa Paris-Sorbonne et du Gripic (Groupe de recherches interdisciplinaires sur les processus d'information et de communication).


C’est en 1996 dans un numéro de la revue Communication et langages que le concept / théorie d’écrits d’écran est apparu pour la première fois sous la plume d’Emmanuël Souchier, étudiant les relations entre pratiques d’écriture et informatique. Aujourd’hui professeur des universités, membre du Groupe de recherches interdisciplinaires sur les processus d’information et de communication (Gripic) au sein de l’Université Paris-Sorbonne, Emmanuël Souchier a orchestré cette journée d’étude, prélude à un colloque de plus grande envergure qui devrait se tenir d’ici un ou deux ans.
Mis en place depuis peu le Collectif de recherche sur les écrits d’écran (CREE) a proposé à l’occasion de cette journée de revenir sur une trentaine d’années de recherches consacrées à « l’approche de la nature textuelle et écrite des médias informatisés ».

Du Minitel aux écrans mobiles
Une demi-douzaine d’acteurs d’une histoire qui va, du Minitel aux écrans mobiles, ont témoigné lors de cette journée d’étude des relations entre, d’une part écriture, création graphique et énonciation éditoriale et, d’autre part informatique. L’occasion de rappeler notamment combien un certain nombre de pratiques de métiers (entre autre dans l’imprimerie et les métiers du livre) ont été renouvelées par l’informatique. Comme l’a souligné en introduction Adeline Wrona, directrice du Gripic, Celsa Paris-Sorbonne, « il n’existe pas une écriture numérique mais bel et bien des écritures numériques au pluriel ».
« La théorie relative aux écrits d’écran est composite et complexe, les champs d’application et les acteurs sont différents et les pratiques, de ce fait, disparates », a précisé Emmanuël Souchier pour qui « un écran conçu dans sa seule visualité est un non-sens ».

Témoignages et recensement
Parmi les témoignages recueillis lors de cette journée, mentionnons notamment ceux de Joanna Pomian, directrice conseil Transformations digitales de SQLI sur le programme Cattleya, outil d’aide à la critique littéraire développé dans les années 1980, de Yves Jeanneret (Gripic) concernant les recherches sur les écrits d’écran et les rapports de l’écriture au support, d’Alain Giffard, directeur du GIS « Culture-Médias & numérique », qui s’est plus particulièrement penché sur la dimension institutionnelle du sujet. Son intervention a été l’occasion de mettre en avant trois logiques qui ont accompagné le développement des pratiques dans ce domaine : logique de l’équipement intellectuel, logique du volontarisme politique et logique de l’immatériel et de la connaissance.
Enfin, Laure Friedmann, ancienne élève de l’école Estienne, a évoqué le travail qu’elle a accompli dès le début des années 1980 en tant que concepteur – graphiste web au service du vidéotex et plus particulièrement du Minitel. « La communication devenait interactive et en tant que graphiste, j’y ai vu là un terrain d’aventure formidable », a-t-elle rappelé, évoquant les débuts de la télématique et de Télétel.

Aujourd’hui l’aventure continue même si les rapports entre écrits et écrans ont depuis bien évolué. D’où l’idée d’un colloque prochain sur ce thème que ses organisateurs souhaiteraient ouvert au maximum d’interactions et de dynamiques. Avis aux amateurs et spécialistes de la question.

Ecrits d'écran

Adeline Wrona, directrice du Gripic et Pascal Griset, directeur de l'Institut des sciences de la communication.

Ecrits d'écran

Emmanuël Souchier a orchestré cette journée d'étude qui devrait déboucher sur l'organisation d'un colloque.

Ecrits d'écran

De g. à d. : Laure Friedmann, Alain Giffard, Emmanuël Souchier et Etienne Candel.

Ecrits d'écran

Joanna Pomian est revenue sur le programme Cattleya, outil d'aide à la critique littéraire.

Ecrits d'écran

Alain Giffard. La dimension institutionnelle et la logique du volontarisme politique.

Ecrits d'écran

Joanna Pomian (à g.) et Laure Friedmann (à d.). Des retours d'expériences et des témoignages précieux.
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