L'intelligence artificielle déjà dans nos imprimeries ?

Le 14 novembre 2018 par Bakhta Jomni
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Elisabeth Rochman, Directrice de l’innovation, de la stratégie et de la communication chez Xerox Europe. Elisabeth Rochman, Directrice de l’innovation, de la stratégie et de la communication chez Xerox Europe.

Trois questions à Elisabeth Rochman, Directrice de l’innovation, de la stratégie et de la communication chez Xerox Europe.

Sa simple évocation fait frémir les uns, questionne les autres. L’intelligence artificielle est déjà présente aujourd’hui dans certaines formes d’automatisations des machines. En voie de développement, elle requière des connaissances faisant appel à plusieurs disciplines. Elisabeth Rochman lève le voile sur une composante mal connue de notre secteur.

Présentez-nous votre département chez Xerox ?
Je suis basée en Grande-Bretagne mais fais partie d’une petite équipe de trente personnes, installée à Palo Alto aux Etats-Unis, à proximité des chercheurs en intelligence artificielle du Palo Alto Research Center (PARC). Cette société appartenant à Xerox compte des centaines de chercheurs qui ont généré en tout 12000 brevets depuis leur création en 1970. Notre division développe des produits autour du travail intelligent et des techniques d’impression innovantes comme l’électronique imprimée ou encore l’impression directe sur objets cylindriques. Dans le cadre de nos recherches sur le travail intelligent, nous mettons à profit l’expertise de nos chercheurs dans la reconnaissance d’images par les machines, notamment pour assister nos techniciens dans la réparation des imprimantes et presses, au travers d’une application sur le téléphone ou de lunettes connectées. Nos projets de recherche tournent actuellement beaucoup autour du langage naturel et son décryptage afin de créer des algorithmes capables d’automatiser la création de textes et de contenus en s’inspirant d’un répertoire de contenu existant. A plus long terme, nos chercheurs travaillent également sur la transparence de l’intelligence artificielle afin de développer une interface entre l’intelligence artificielle et l’homme et permettre à ce dernier de mieux appréhender les résultats des algorithmes d’apprentissage profond de la machine.

Où trouve t’on aujourd’hui déjà de l’intelligence artificielle ?
L’algorithme qui décide du layout, de la disposition de l’impression sur les feuilles pour limiter la gâche en fait partie. Les catalogues et mailings réalisés à l’aide du logiciel de Xerox XMPie obéissant à des règles qui permettent de choisir des articles personnalisés entrent également dans ce que l’on appelle déjà de l’intelligence artificielle. Tout comme le routage des travaux d’impression vers les presses les plus disponibles, ou encore les éléments de toner, le nombre de jobs en cours, etc. A l’avenir, grâce au machine et au deep learning, les machines pourront comprendre les mots. Dans le machine learning, la machine dispose de nombreuses données et fait des déductions à partir de statistiques. Dans le deep learning, les statistiques basées sur un système de neurones plus complexe que le machine learning. Chaque neurone est responsable d’un petit programme et dispose d’un coefficient qui modifie le résultat final. Ce réseau ressemble davantage à notre fonctionnement cérébral. La reconnaissance d’images et la compréhension du langage naturel font appel au deep learning.

Comment êtes-vous arrivée chez Xerox?
Je suis ingénieure en informatique diplômée de  l’EPF. J’ai notamment travaillé dans le département informatique de Hewlett Packard où j’ai entre autres créé des applications web et e-commerce, des solutions de workflow et de flux documentaires. J’ai également été architecte solutions, ai créé un site de vote électronique pour le canton de Genève et trouvé des solutions afin de permettre à l’ONU d’imprimer en milieu hostile. Il y a 9 mois, j’ai été contactée par le PARC pour travailler sur la recherche en intelligence artificielle. Grâce au big data, cet ensemble des données numériques produites par l'utilisation des nouvelles technologies, la machine pourra, demain, générer du contenu pour catalogues de manière automatisée et prédire le succès potentiel d’un catalogue futur. Nous avons développé une solution en version beta sur ce principe. Nous l’avons appliquée aux appels d’offres dans un premier temps. L’objectif étant de faciliter et automatiser les réponses aux appels d’offres. Nous souhaiterions pouvoir proposer cette solution à la commercialisation à la mi-2019.

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