Labeur : la Filpac CGT organise une journée de débats

Le 05 décembre 2016 par Bakhta Jomni
La journée de débats s'est tenue à Montreuil (Seine-St Denis) au siège de la CGT. La journée de débats s'est tenue à Montreuil (Seine-St Denis) au siège de la CGT.

La Fédération CGT des travailleurs des industries du livre, du papier et de la communication (Filpac) a organisé mardi 22 novembre une journée d’information et de réflexion du labeur et des industries graphiques.

L’objectif de cette journée était de rassembler le plus grand nombre de militants d'entreprises du secteur afin d’échanger sur les difficultés rencontrées au sein des imprimeries. Egalement au programme, la présentation d’un document de travail dans le cadre de la révision de la convention collective.

Quarante-cinq personnes, la plupart salariées de très grosses imprimeries françaises, s’étaient déplacées pour l’occasion. Certaines se sont montrées inquiétées par la loi travail et le renforcement des pouvoirs de directions, déjà épinglées par l’inspection du travail au sujet par exemple du rattrapage des heures supplémentaires ou du travail les jours fériés.

La loi travail inquiète

« Au 1er janvier 2017, il suffira que le médecin du travail rédige une ou deux lignes pour que le patron n’ait plus d’obligation de reclassement en entreprise en cas d’invalidité. Ce n’est pas une loi de sécurisation de l’emploi mais de l’employeur », dénonce-t-on dans l’assemblée. Certains regrettent même de ne pas pouvoir s’appuyer sur l’Union nationale des industries de l’impression et de la communication (Uniic) pour gérer des conflits au sein des imprimeries et dénoncer des non respects de la convention collective. « L’Uniic a joué un très mauvais rôle puisque les débats ont très mal tourné. Même en saisissant la commission paritaire en passant par l’Uniic on n’arrive à rien puisque cette dernière dit ne pas souhaiter s’impliquer  dans la politique managériale », constate un élu. La loi travail « va ramener énormément d’aspects au niveau de l’entreprise et de moins en moins de points seront réglés au niveau national », regrette-t-on parmi les élus, par ailleurs préoccupés par l’évolution du secteur des arts graphiques.

Un secteur en mutation

« La branche industrielle du labeur est en mutation depuis une trentaine d’années. De plus de 100.000 salariés il y a une quinzaine d’années, nous sommes passés à environ 40.000 aujourd’hui », est-il constaté. « Le chiffre d’affaire d’une imprimerie en France est en moyenne de 400.000 euros contre 1 million 600 en Allemagne, la concurrence est donc très forte au niveau international », fait remarquer un participant. « Le numérique prend de l’ampleur, les presses numériques sont maintenant dans toutes les imprimeries donc au niveau technologique, cela change aussi. Par ailleurs la structure sociologique des métiers change avec une diminution des ouvriers au profit des cadres », poursuit-il.  « Auparavant, nous faisions 100% de fabrication dans nos entreprises. Aujourd’hui nous faisons 50% de fabrication et 50% de service. Nous avons désormais des professions qui embrassent la logistique, le marketing, on se diversifie grâce à l’informatique. Nous sommes en train d’évoluer de l’imprimerie vers les solutions marketing », analyse-t-il. La classification est d’ailleurs abordée et des débats se tiennent sur la valorisation souhaitée pour les conducteurs de presse numériques. La Filpac travaille actuellement à proposer deux niveaux de classifications pour ce type de fonctions. Il n’y aura plus d’emplois par analogie dans la convention collective révisée.

A la tribune, Pascal Lefebvre, secrétaire fédéral de la fédération rappelle que le 7 décembre se tiennent les Assises des métiers de l’imprimerie au siège de la CGT à Montreuil pour permettre aux salariés d’être acteurs des changements du secteur de l’imprimerie pour une perspective d’emploi. « Nous pensons que la radio et la télévision n’ont pas tué l’imprimé. Le numérique ne le fera pas non plus. Sauf si il est décidé, dans les hautes sphères que l’accès à la culture et à l’imprimé est réservé à une élite. Et ça c’est un choix de société ! », dit-t'il.

Retrouvez le compte-rendu complet de cette journée dans le prochain numéro de France Graphique (France Graphique n°350)

 

Cette réunion a rassemblé une cinquantaine de militants d’entreprises d’effectifs différents (-de 50 à plusieurs centaines de salariés). Cette réunion a rassemblé une cinquantaine de militants d’entreprises d’effectifs différents (-de 50 à plusieurs centaines de salariés).
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