Le livre à la demande tâtonne encore

Le 09 février 2015 par Bakhta Jomni
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La conférence a d'abord recueilli les expériences des fournisseurs d'impression. La conférence a d'abord recueilli les expériences des fournisseurs d'impression.

Une conférence sur le livre à la demande était organisée le 4 février sur le salon Cross-média publishing.

Quel visage pour le livre imprimé à la demande ? Tel était l'objet du débat organisé sur le salon Cross-média publishing le 4 février au palais Brogniart à Paris. La conférence a d'abord donné la parole aux prestataires d'impression représentés par Hubert Pédurant, chargé du programme Irénéo pour l'Institut de développement et d'expertise du plurimédia (Idep), Benoît Chatelard, directeur général de Ricoh Europe, Patrice Bernou, directeur marketing chez HP et François Gouverneur, directeur marketing chez Xerox.

L'outil industriel en phase d'ajustement

Actuellement en phase d'expérimentation, le livre à la demande doit encore trouver son modèle tandis que l'outil industriel, déjà effectif sur divers plans, est en phase d'ajustement. Patrice Bernou, chez HP a fait un parallèle entre l'impression de photos dans les années 2000 et le livre à la demande. « Pour la photo, le consommateur a eu des usages multiples en fonction de ce qui l'arrangeait. Là aussi pour le livre, cela pourra se passer ainsi », a-t-il remarqué.  Avec la plateforme de matérialisation Irénéo, présentée par Hubert Pédurand, l'objectif est de tendre vers une impression des livres aussi simple que celle des photos. « Ce terminal d'impression qui pourra se trouver chez le libraire, à la bibliothèque, pourra également se greffer chez l'imprimeur aux côté du matériel offset », a-t-il détaillé. François Gouverneur a rappelé que le livre à la demande était une problématique existant depuis 20 ans qui devenait une réalité. « Nous sommes encore dans un monde de courts-tirages. Le livre à la demande signifie zéro stocks et nous en sommes encore loin », a-t-il constaté. Benoît Chatelard a pour sa part estimé que les capacités de l'impression en continu, amenées dans le monde graphique, étaient une amélioration nette en vue d'accéder au livre à la demande, pour l'instant significatives notamment dans le monde de l'éducation dans certains pays émergeants comme la Turquie.

Du point de vue des éditeurs et des imprimeurs

Les représentants des imprimeries CPI, Dupliprint et Books On Demand (BOD), ont échangé sur leurs différentes problématiques avec les représentants des éditions Eyrolles, Presses Universitaires de France (PUF) et France Loisirs. « Notre problématique essentielle chez Dupliprint, pour l'impression du livre à la demande, c'est le flux de production. Il faut en effet être en mesure d'imprimer un seul exemplaire de façon industrielle avec le moins d'intervention manuelle possible », a déclaré Frédéric Fabi, président de l'imprimerie. Florien Geuppert, directeur de BOD a estimé que la technologie, au point pour le noir et blanc, le serait dans quelques années pour la couleur. « La question sera celle de la qualité et du coût que le client est en mesure de payer pour cela », a-t-il déclaré. Les éditeurs sont restés beaucoup plus prudents. « Beaucoup moins de la moitié de nos ouvrages quadri sont éligibles. Les ouvrages ne peuvent être que brochés, sans coutures et sans gaufrages », a regretté Nicolas Perrier, directeur de fabrication chez Eyrolles. Frédéric Mériot, directeur général de PUF, a estimé que « l'impression à la demande est intéressante pour répondre aux demandes d'export que nous avons et pour lesquelles nous ne pouvons répondre pour l'instant qu'avec des e-books ». L'impression à la demande pourrait ainsi à terme concurrencer, selon lui, l'ebook et releverait de la même économie.

 

 
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