Suppression de la propagande électorale papier : le G.M.I. réagit à son tour

Le 24 octobre 2014 par Rodolphe Pailliez
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La réforme de la propagande électorale envisagée continue de faire réagir les professionnels de la filière graphique. Dernière réaction en date, celle du Groupement des Métiers de l'Imprimerie.

Dans un communiqué en date du 20 octobre, le Groupement des Métiers de l’Imprimerie (G.M.I.), réagit vivement à la proposition du Gouvernement de supprimer l’envoi au domicile des électeurs de la propagande électorale sous format papier pour les scrutins de 2015 (les inters sont de la rédaction)

« C’est par le biais de l’article 46 du projet de loi de finances pour 2015 que le gouvernement propose de réformer la propagande électorale dans le cadre des élections régionales, départementales et des assemblées de Guyane et de Martinique qui seront organisées au cours de l’année 2015.
Si cette proposition de suppression ne concerne aujourd’hui que la Guyane et la Martinique, il ne fait aucun doute qu’à court terme cette suppression sera étendue à l’ensemble de la métropole.
Rappelons qu’avant chaque rendez-vous électoral, les électeurs français reçoivent à leur domicile une enveloppe de propagande comprenant à la fois les circulaires (communément appelées professions de foi) et les bulletins de vote des candidats à l’élection.

Dématérialisation et consultation
En proposant de supprimer l’envoi à domicile de la propagande électorale sous format papier pour les électeurs guyanais et martiniquais, le gouvernement remet, une fois de plus, à l’ordre du jour la question de la dématérialisation des documents de propagande électorale. Si cette mesure est adoptée, les électeurs concernés devront alors faire la démarche de consulter lesdits documents sur Internet, en mairie, en préfecture ou en sous-préfecture. Ceci ne sera bien évidemment pas chose aisée notamment pour certaines catégories de personnes peu familières aux technologies d’Internet ou dans l’impossibilité de se déplacer.
Parmi les arguments avancés par les rédacteurs du projet de loi, nous retrouvons le traditionnel « impact environnemental de l’envoi de la propagande électorale à l’ensemble des électeurs ». Un argument peu convainquant lorsque l’on sait que la plupart du temps, le papier utilisé pour la propagande électorale est du papier recyclé ou issu de forêts gérées durablement. 
Quant à l’argument selon lequel la suppression de la propagande électorale papier aux citoyens vise à « assurer un meilleur accès des électeurs à la propagande électorale en élargissant ses modalités de diffusion », il est d’autant plus incompréhensible que le désintérêt des citoyens français pour toute forme d’élection publique est tel que beaucoup ne feront pas la démarche d’aller consulter les documents de propagande, avec le risque d’accroître un peu plus l’abstentionnisme. 

Nouveau coup de semonce
A l’heure où le premier ministre, Manuel Valls, n’a de cesse de répéter qu’il « aime les entreprises », c’est un nouveau coup de semonce qui est infligé aux professionnels de la filière graphique que le syndicat des imprimeurs n’entend pas laisser sans suite.
Une majorité de représentants politiques, toutes tendances confondues, a d’ores-et-déjà été sensibilisée à ce projet de suppression et apporte son soutien à la filière graphique lors des débats parlementaires. Un courrier du G.M.I. est également adressé au premier ministre et aux responsables du ministère de Bercy afin que le nécessaire soit fait pour que cet d’article soit retiré du projet de loi.
Le syndicat estime cette décision totalement inappropriée et symptomatique d’une volonté des responsables politiques de tout dématérialiser sans aucune considération pour les conséquences qu’une telle décision peut engendrer pour les entreprises françaises et, en l’occurrence, celles de la filière graphique française, essentiellement des PME et PMI déjà confrontées à un environnement économique particulièrement difficile.    
L'an dernier, le gouvernement avait déjà tenté de supprimer cet envoi papier à l’occasion des élections européennes de mai, avant de se raviser non sans peine à la dernière minute. Il est inenvisageable qu’il en soit autrement cette année. »

 

Pour le président du Groupement des Métiers de l'Imprimerie (G.M.I.), Serge Lafaix, pas question de supprimer la propagande électorale sous forme de papier.
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2 réactions

Kaes-ako | 28/10/2014 - 10H42

C'est vrai, on peut tous aller au supermarché pour sa portion de viande et de fromage sous vide ! Qu'est-ce qu'on a besoin de choisir sa cotelette ou d'aller chez son fromager qui propose du fromage qui pue !!
Allez, Kaes - le designer graphique (!) - fais-nous qu'ek-chose de mieux - ta première proposition, elle est pas terrible. Essayes peut-être la couleur ?

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Kaes | 24/10/2014 - 14H25

Il faut cesser de voir uniquement l'intérêt personnel, qu'il soit celui d'un individu ou d'une entreprise.



La propagande papier représente un budget conséquent que tous ne peuvent pas se permettre. En supprimant celle-ci, on ajoute un peu plus d'équité en faveur des voix qui peinent à s'élever faute de budget pour financer leurs campagnes.



Étant pourtant designer graphique et tandis que j'ai travaillé à plusieurs reprises pour des élus de tous niveaux pour leurs élections, je suis entièrement d'accord avec cette mesure.

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