Tant qu’il y aura des journaux

Le 21 septembre 2012 par Rodolphe Pailliez

La conférence intitulée L’avenir des journaux papier, organisée à Paris, le 20 septembre 2012, à l’école d'Estienne par la Compagnie des chefs de fabrication de l’imprimerie (CCFI), a tenu toutes ses promesses et fait le plein de participants. Les animateurs, Anne Cordier, directrice de Roto Smeets, et Dominique Bouffard, consultante, ont donné la parole à quatre experts du secteur de la presse quotidienne.

Le journal papier au sein de l’offre globale
Directeur général de l’organisation mondiale des journaux WAN-Ifra pour l’Europe occidentale et du Sud, Olivier Bourgeois a tenu, dans un premier temps, à nuancer le tableau d’ensemble. « Selon les endroits où vous trouvez et selon les tranches d’âge considérées, les journaux se vendent plus ou moins bien », a-t-il souligné. Si, en France, on estime les pertes de diffusion des quotidiens à environ 5 à 6 % par an, en revanche en Asie, en Afrique et dans certains pays émergents, les résultats sont plus encourageants. Insistant sur la nécessité pour les médias de s’adapter aux besoins des lecteurs tout au long de la journée, il reste persuadé que le journal papier continuera de faire partie de l’offre globale dnas les outils de communication et d’information.

De nouveaux usages
Face au constat d'une érosion de la diffusion de la presse quotidienne nationale (PQN) depuis dix ans, Thierry Schumeng, directeur industriel au sein du groupe Amaury, s’est attardé, pour sa part, sur deux points. D’abord, l’évolution du paysage, avec la disparition de certains titres et le passage au numérique. Ensuite, l’émergence de nouveaux usages, avec le transfert d’une part du lectorat sur les supports numériques, estimée entre 5 et 10 %. Thierry Schumeng a estimé que la presse quotidienne nationale souffrait de difficultés de distribution plus que d’impression, et qu’il était temps d’apporter des solutions industrielles pour la distribution de la PQN. Enfin, il a rappelé que le groupe Amaury continuait à développer des supports papier, citant le lancement, ce 21 septembre, d’un hebdomadaire en complément du quotidien Le Parisien.

Vendre un package
Vice-président d'International Herald Tribune, Philippe Montjolin a présenté dans le détail les modèles économiques et la stratégie du groupe constitué par le New York Times et l’International Herald Tribune. Rappelant que la fusion entre les rédactions papier et web était intervenue très tôt, dès 2005, il n’a pas hésité pas à affirmer que, selon lui, le web était un modèle déjà mort, déjà supplanté par les plates-formes mobiles. Développant l’idée selon laquelle il est important, dans le domaine de la communication, de « vendre un package », il a par ailleurs estimé que, si le papier pouvait se contenter d’une certaine stabilité, ailleurs la recherche et le développement devaient être permanents. « On peut perdre plus facilement un lecteur sur support numérique que sur support papier », a-t-il confié.

Traiter le média papier de façon moderne
Patron de l’imprimerie RotOcéan, à la Réunion, équipée en jet d’encre numérique pour l’impression sur place des quotidiens nationaux, Hubert Pédurand pilote, en outre, l’action collective IniGraph sur le développement de l’impression numérique dans les industries graphiques. D’emblée, il a inscrit cette nouvelle voie industrielle dans une réflexion de filière en profondeur. « Face à la rupture technologique sans précédent à laquelle nous assistons, à la baisse des volumes qui s’accélère, à un système de distribution au bord de la faillite, à une sous-capitalisation chronique des imprimeries, il faut qu’on avance », a-t-il martelé. Selon lui, il est temps de traiter le média papier de façon moderne. IniGraph débutera, le 1er octobre, un Tour de France prévu jusqu'au 15 décembre.

 

Au premier rang, de gauche à droite : Hubert Pédurand, Olivier Bourgeois et Philippe Montjolin.

Philippe Montjolin et, à l'arrière-plan, Anne Cordier, Dominique Bouffard et Pascal Lenoir, président de la Compagnie des chefs de fabrication de l'imprimerie (CCFI).

Hubert Pédurand et un exemplaire du Monde imprimé en jet d'encre numérique par l'imprimerie RotOcéan.
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